Bappi Lahiri, king of the disco !

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Bappi Lahiri est une star de la musique indienne. En une quarantaine d’années, il a composé plus de 5 000 chansons, en a plagié une bonne centaine et a inventé le disco indien. Sa musique est parfois kitsch, souvent géniale et le personnage, sorte de baudruche mégalomaniaque et rigolarde, vaut franchement le détour.

 

J’ai rencontré Bappi Lahiri ! Ce nom ne vous dit sans doute rien, mais ici en Inde, et particulièrement à Bombay, ce type est une énorme star. C’est le roi du disco, le recordman du nombre de chansons enregistrées en une année – 180 en 1986 – et un amateur de chemises clinquantes et de chaînes en or qui brillent.

Il a dépoussiéré la musique de Bollywood en mélangeant des rythmes disco avec des chansons indiennes traditionnelles, et ce style a explosé dans les années 80.

Je dois quand même signaler qu’en Inde, la musique est la plupart du temps synonyme de cinéma puisque tous les hits sont en fait des musiques de films.

Selon lui, il n’a pas seulement inventé le disco indien, mais toute la musique qui existe dans le pays aujourd’hui. A l’entendre, lui, ses santiags, ses chemises brillantes et son brushing sont la seule et unique référence dans la musique indienne contemporaine.

 

Il a aussi pompé un nombre de chansons incroyable ! Evidemment, si vous lui dites ça, il vous répondra qu’il n’est pas un plagieur, ce sont les autres qui plagient Bappi. Ainsi des chansons comme « Video killed the radio star » des Buggles, « Brother Louis » de Modern Talking ou encore la Lambada ont été plagiées par Bappi.

Sa chance finalement, c’est que, étant originaire d’un pays qui vient à peine de reconnaître le principe de droits d’auteur (principe qui reste cependant encore très nébuleux), il n’a jamais été emmerdé par personne. Il s’est même permis en 2011 de menacer Jennifer Lopez de poursuites, car elle s’était permis de sampler une partie de la Lambada, fameux morceau que Bappi avait déjà piqué 20 ans avant, mais qu’il a toujours considéré comme étant sa propriété !!!

 

Le type est mégalo, complètement cinglé et d’une mauvaise foi indécrottable, bref c’est un génie.

Voici un de ses plus gros tubes qui a cartonné dans les années 80 dans toute l’Asie et qui vous rappellera sans doute quelque chose puisque la partie instrumentale est un sample de la chanson d’Ottawan « t’es ok ! ».

Ce morceau est tiré d’un des films indiens les plus populaires des années 80, « Disco Dancer » dans lequel un jeune homme, grâce à la musique disco, grâce à un déhanché violent et frénétique ainsi qu’à un regard profond quoiqu’un peu con arrive à se venger des méchants, à sauver les gentils et à faire danser tout le pays sur fond de décor en carton-pâte.

 

https://www.youtube.com/watch?v=DKJ0jvO6fBA

 

Incroyable n’est-ce pas ?

Et le mec en a composé à la pelle des comme ça, et pas seulement des reprises.

J’ai donc eu la chance d’être reçu par le personnage, à la faveur d’une interview informelle, et je dois dire que je n’ai pas été déçu.

Après être arrivés à l’heure dite dans son manoir de Bombay, moi et ma comparse avons été invités à nous installer dans un salon pour l’attendre. Et attention le salon ! Les murs recouverts de disques d’or ou de platine, des fauteuils énormes qui ne ressemblent à pas grand- chose, quelques affiches électorales (il s’est présenté aux dernières élections législatives pour le BJP, parti nationaliste hindou aujourd’hui au pouvoir – ça ne lui a pas trop servi puisqu’il a perdu) et des photos avec tout ce que l’Inde compte d’hommes politiques, de droite comme de gauche, une fausse Joconde (à moins que ce ne soit la vraie…), des centaines de trophées et une photo bras dessus- bras dessous avec Michaël Jackson !

 

Après une heure d’attente, on a finalement pu le rencontrer une vingtaine de minutes pendant lesquelles il ne comprenait rien à mon accent français, où il a pu dire des choses comme « Love will save the world. I am love » et où il a finalement été plutôt gentil, hormis le fait qu’il n’a pas répondu à une seule de nos questions trop occupé à nous dire des choses qu’on savait déjà sur lui (il pensait vraiment qu’on n’était venu le voir au hasard ou quoi?).

 

Finalement, il paraissait beaucoup plus heureux de nous montrer ses photos, son studio, et nous raconter comment « il adore les Etats-Unis, qui le lui rendent bien ».

Un peu de gentillesse, un eu de stupidité et beaucoup de mégalomanie, ça suffit pour rendre un personnage attachant.

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